Le concept du « Journal Rappé » est très simple et efficace : chaque semaine, sur leur page YouTube et sur la chaîne de télévision 2STV, les rappeurs Xuman et Keyti font une synthèse de l’actualité hebdomadaire en rap et en rimes. Quoi que dans un format ne dépassant pas souvent les dix minutes, Xuman et Keyti trouvent la formule pour donner les nouvelles respectivement en français et en wolof (langue majoritaire du Sénégal). Comme dans un vrai journal, les sujets sont divers et vont de la politique au sport, de la santé à l’écologie, en passant par l’agriculture, etc. Cependant pour les deux artistes, il est primordial que l’approche soit musicale et de ce fait, chaque édition du « Journal Rappé » est abordée comme un morceau de rap. 

Conçu à l’origine pour YouTube, le « Journal Rappé » a su très vite capter l’attention de la presse sénégalaise et internationale pour son ambition à vouloir proposer une information différente. En effet les deux artistes sont convaincus de la nécessité pour les populations de se réapproprier l’information qui les concerne, de la transmettre et de donner ainsi à tous les mêmes chances de compréhension. En présentant leur journal en fin de semaine, ils veulent aussi se démarquer de la course au scoop au profit d’une information de qualité tout en ne se privant pas de la commenter ou d’aborder les sujets sous un angle subversif. Le « Journal Rappé » met aussi en lumière des sujets qui ne sont pas forcément populaires dans les médias mais qui sont, de l’avis des deux rappeurs, cruciaux et qui ont un impact direct sur le quotidien des Sénégalais.                                               

Commencé il y a quatre ans, le « Journal Rappé » s’est déjà exporté dans d’autres pays d’Afrique et en Jamaïque comme une plateforme pouvant fortifier la liberté d’expression. En effet, si cette dernière fait la fierté du Sénégal, Xuman et Keyti savent bien que ce n’est pas le cas dans beaucoup de pays du continent. En 2015 donc, une équipe de six jeunes a été formée en Côte d’Ivoire et a lancé depuis le « Journal Gbaye », version ivoirienne du « Journal Rappé ». Début 2016, la Mauritanie a aussi installé son propre journal sous le nom « Chi-Taari Rappé ».