29 oct. 2019

Conférence inaugurale RAW Académie Session 7

Images pour notre temps, dirigée par l’artiste et cinéaste Eric Baudelaire, sera consacré aux films : aux nouvelles façons de voir, d'entendre, de partager et d’interroger les urgences du présent, non pas tant pour les expliquer que pour nous interroger nous-même face à elles. Sept semaines pour réfléchir sur le rapport entre film et réalité, entre images et événements, entre l’art et le réel.

Ce passage de Samuel Beckett vient à l’esprit : « ... il y aura forme nouvelle, et cette forme admettra le désordre et n’essaiera pas de dire que le désordre est au fond autre chose. La forme et le désordre demeurent séparés, celui-ci ne se réduit pas à celle-là. C’est pourquoi la forme elle-même devient une préoccupation ; parce qu’elle existe en tant que problème indépendant de la matière qu’elle accommode. Trouver une forme qui accommode le désordre, le chaos, le gâchis, telle est actuellement la tâche de l’artiste. »

Aujourd'hui, le mot désordre et le mot réel semblent quasi interchangeables. Ce qui importe dans la formulation de Beckett, ce qui paraît indispensable et urgent aujourd'hui, c'est qu'elle ne dit pas que la tâche de l’artiste est de révéler le désordre, ou le déconstruire– mais simplement de l'accommoder au sein d’une forme, afin que nous puissions penser de nouveaux rapports avec lui.

Images pour notre temps développera une pensée collective sur un cinéma qui cherche de nouvelles formes pour penser le réel, l’accommoder, avec la conviction qu'une forme peut créer une communauté de circonstance qui arrive à penser les problèmes que pose le réel observé.

 

A propos d'Eric Baudelaire

Éric Baudelaire (1973), est un artiste et cinéaste basé à Paris. Après des études en sciences politiques, il a développé une pratique artistique ancrée dans un travail de recherche comprenant la photographie, l’estampe et la vidéo. Depuis 2010, le cinéma est devenu central à son travail. Ces longs métrages Also Known As Jihadi (2017), Lettres à Max (2014), The Ugly One (2013) et L’Anabase de May et Fusako Shigenobu, Masao Adachi, et 27 années sans images (2011) ont été programmé en festival à Locarno, Toronto, New York, au FID Marseille et à Rotterdam. Lorsqu’il les montre au sein d’expositions, Éric Baudelaire incorpore ses films au sein d’installations comprenant d’autres oeuvres, des performances, des publications et une programmation publique, notamment lors du projet APRÈS au Centre Pompidou (2017) et The Secession Sessions qui a débuté à Bétonsalon à Paris, puis voyagé à Bergen Kunsthall et Sharjah Biennial 12. 

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