Zulu Mbaye

janvier 06 2017

‘‘Zulu M'Baye, magicien des formes, troubadour des temps modernes. Sa peinture prend ses racines dans un monde fantastique où la pureté des formes se dispute la magie des couleurs. Sans prétention, sans mimétisme, sans mensonge. Hors des chantiers de l'académisme, loin du maniérisme puéril, il trace une ligne franche entre un héritage sublime et une vision terrible de la vie. La quête de Zulu est aussi douleur et peine, larmes et rires. Poète des couleurs et des formes, poète tout court, il traverse sa génération comme un albatros, le pinceau prompt à cueillir le premier sentiment, le sentiment primaire, l'instinct primitif. Son art est inscrit dans la beauté absolue.... Et, comme la beauté est accidentelle, Zulu parcourt les chemins de l'art comme un troubadour effréné qui pose sa besace, le temps de l'ouvrir et de la refermer pour poursuivre son chemin. "Je peins sur le modèle de Dieu" répète-t-il à qui veut l'entendre. Modèle insaisissable, furtif, immatériel. Zulu cherche comme une sorte d'ascèse, un liant avec Dieu dont il s'approche à chaque coup de pinceau. Et, quand s'élèvent les voix divines, inscrites dans les Khassaïdes, il trempe son pinceau dans les rites Baye-Fall, explore la cosmogonie de l'Egypte et étale sa verve sur les rives vierges de l'héritage de l'homme noir. Nègre avant la lettre, Zulu échappe de loin à toute classification de l'art tel que défini dans les traités et encyclopédies. A-t'on vu une peinture comme sortie d'un rêve, des formes qui épousent les contours du monde céleste? Peut-on imaginer un art sans référence autre que celle de son âme. Zulu réussit le pari de réconcilier l'homme noir avec son propre héritage. La quête du beau et du sublime, du dit et du non-dit, du sacré et du paganisme, des ombres et de la lumière, la lumière d'un enfant du Cayor sur le sable étalé d'une forêt de savoir.’’ Moussa Sène Absa, cinéaste.