20 sept. - 22 sept. 2018

État des lieux 3
sur l’Histoire de l’Art en Afrique

RAW Material Company a le plaisir d’annoncer son prochain symposium Etat des Lieux 3 sur l’Histoire de l’Art en Afrique, organisé en collaboration avec le critique, commissaire d’exposition et historien de l’art Ugochukwu-Smooth Nzewi, qui se tiendra à Dakar du 20 au 22 septembre 2018.

Depuis sa création en 2011, RAW Material Company a montré un dévouement fervent pour l’échange entre des praticiens au sein du continent africain. Etat des Lieux, un symposium bisannuel qui réfléchit sur la pratique artistique et curatoriale en Afrique, a contribué à l’émergence de nouveaux discours et à une prise de conscience des dynamiques en jeu dans le monde de l’art contemporain.

Après un premier Etat des Lieux sur les institutions d’art en Afrique (2012) et un deuxième sur l’éducation artistique en Afrique (2014), RAW Material Company tourne son attention maintenant vers la discipline de l’histoire de l’art en tant que prisme pour examiner de façon critique les politiques et le potentiel de la production de connaissances autour de la pratique artistique africaine contemporaine. En se rapprochant de la fin de cette deuxième décennie du nouveau millénaire, nous nous éloignons également d’un tournant décisif dans la conception, distribution et réception de l’art africain, c’est à dire la fin des années 1980, moment où la scène artistique a vu apparaitre une pléthore d’initiatives traitant de l’art contemporain africain. Simultanément, cette période a été marqué par la reconfiguration géopolitique qu’a été la fin de la Guerre Froide et donc par une rupture avec les paradigmes culturels et sociaux dominants. Alors que l’exposition Magiciens de la terre est citée comme le point de référence pour un tournant mondial en histoire de l’art, plus précisément la création de Revue Noire, Nka Journal of Contemporary African Art et la biennale de Dakar sont d’autres repères temporels qui nous ramènent au début des années 1990, un moment auquel de nombreuses initiatives ont servi à restructurer les axes des perspectives artistiques et ont mené à un intérêt accru dans la scène créative africaine, notamment dans le domaine de l’histoire de l’art. A trente ans de cela, le temps est venu de faire un état des lieux de ce que constitue aujourd’hui la discipline de l’histoire de l’art en Afrique, avec un focus sur le contemporain. Prenant comme point de départ cette base temporelle, une constellation conceptuelle et matérielle extrêmement riche et vaste s’ouvre.

Sur le continent africain il existe quelques départements d’histoire de l’art mais ils sont encore rares, petits en terme de ressources humaines et matérielles, notamment par rapport au pouvoir démographique des cinquante quatre pays du continent, et ils sont souvent intégrés comme des modules d’études dans des facultés plus grandes de beaux-arts. Il ne faut pas non plus oublier la pression économique en Afrique qui poussent beaucoup de jeunes étudiants à s’orienter vers des matières universitaires semblant plus lucratives sur le court terme. Cette exode disciplinaire menace grièvement l’avenir de l’histoire de l’art et a un impact négatif sur la production et critique artistique par les artistes africains, nuisant au bien-être de l’art et de la société en générale. Alors que de plus de plus d’exemples de formes hybrides naissant du mélange de l’histoire de l’art, des études de commissariat d’exposition et de l’administration des arts sont intégrées dans des curriculums tout aussi hybrides hébergés par le large éventail de matières que sont les facultés de lettres, il faut se demander si cette approche suffit. S’agit-il de faire de la place pour des exemples d’art africain dans les grandes chronologies ou faudrait-il de préférence prôner une reconstruction complète des histoires de l’art existantes ?

Un nombre de questions profondes et historiographiques vont étayer des présentations de thèses, panels et visites à travers Dakar : dans quelle mesure l’Afrique a-t-elle son mot à dire dans la façon dont elle produite et consommée ? Jusqu’à quel point les nuances de l’Afrique en tant qu’espace dynamique sont-elles communiquées dans les connaissances produites autour du continent qui servent des intérêts ailleurs, que ce soit pour une promotion académique ou légitimation intellectuelle ? Quelles stratégies et méthodologies existent qui s’opposent à et rebellent contre la domination d’un statu quo académique occidental ?

Ces questions seront traitées par un panel multidisciplinaire d’historiens de l’art, d’artistes, de commissaires d’exposition, de critiques et de collectifs qui ont une pratique innovante, servant à refaçonner les paramètres perçus de la discipline. La conférence inaugurale sera présentée par Salah Hassan et les participants comprendront Elvira Dyangani Ose, Ntone Edjabe, Elizabeth Giorgis, Paul Goodwin, Nana Oforiatta Ayim, Sean O'Toole, Bisi SilvaBonaventure Soh Bejeng Ndikung et Suzanna Souza.


Le symposium est ouvert au public et gratuit. Un nombre limité de places seront disponibles au public. RSVP via info@rawmaterialcompany.org avant le 3 septembre 2018. Toute personne venant de l’étranger qui souhaite assister doit organiser son propre voyage.

RAW MATERIAL COMPANY

CENTER FOR ART KNOWLEDGE AND SOCIETY

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