19 oct. 2018

Parlons Sénégalaiseries: Société et Marginalité

On est toujours le marginal de quelqu’un. Il y a ceux qui vous regardent de haut, parce que votre statut social ne leur fait pas envie, ne suscite pas leur convoitise. Ecartés de la vie ordinaire, parfois martyrisés au nom de l'uniforme social. Et puis il y a ceux qui vous regardent d'en bas, conscient de vos différences mais écrasés par leur propre ignorance.
 
Bref, qui au fond, n'est pas le marginal de quelqu'un ?
 
L'ethnologue allemand Hubert Fichte avait un rapport intéressant avec la marginalité et l’a à plusieurs reprises abordée dans son oeuvre et surtout dans son rapport avec les artistes et internés de l’hôpital psychiatrique de Fann qu’il a beaucoup fréquenté durant ses visites à Dakar pendant les années 70 à 80. Ces créateurs soi-disant « marginaux » sont replacés au centre d'un dialogue sur la société dans l’exposition "Toutes les fautes qu’il y avait dans le monde, je les ai ramassées".
Être aux marges de la société, avoir un regard autre que le conentionel auquel s’accommode la grande majorité devient un privilège mais aussi et surtout une sorte de défi quant au rapport avec la société dans sa généralité. Cette ambiguïté suscite notre intérêt et sera abordée à travers les interventions du Professeur Momar Gueye, des écrivain-e-s Mariétou Mbaye dite Ken Bugul et Pape Samba Kane, sous la modération d’Ibou Fall.
 
À propos de Prof. Momar Gueye
Né en 1947 à Nguer au Sénégal, le Professeur Momar Guèye a fait ses études médicales entre 1967 et 1975 à la faculté de médecine de l’UCAD avant de poursuivre sa formation en psychiatrie dans les hôpitaux de Dakar où il a notamment accompagné le Professeur Henri Collomb. Agrégé de médecine en 1988 à Abidjan, il est resté Chef du service psychiatrie de Fann jusqu’à sa retraite en 2012.
 
 
À propos de Ken Bugul
Née en 1948 à Louga (Sénégal), Mariétou Mbaye Bileoma, béninoise par alliance, signe ses ouvrages du pseudonyme de Ken Bugul, pseudonyme qui signife en wolof : « personne n’en veut ». Après quelques années d'école primaire dans son village, Mariétou Mbaye entreprend des études secondaires au lycée Malick Sy de Thiès, puis passe une année à l'Université de Dakar où elle obtient une bourse d'études qui lui permet de se rendre en Belgique. Diplômée de langues, spécialiste du développement et de la planification familiale, elle est intervenue dans de nombreux pays d’Afrique en qualité de fonctionnaire internationale.
Avec la parution du Baobab Fou (NEAS, 1983) Ken Bugul provoquait un tollé dans la littérature africaine. Jamais, une Africaine n’avait bousculé autant d’idées reçues. En 1994, l’écrivaine sénégalaise récidive avec Cendres et Braises (L’Harmattan). Cette fois, elle aborde l’aspect culturel dans les sentiments des couples « dominos ». Toujours aussi persuadée que la culture est déterminante dans la vie, Ken Bugul, raconte dans son troisième roman, les destins croisés de femmes africaines. Riwan ou le chemin de sable est un récit bouleversant, puisé aux sources d’un vécu authentique. Il est écrit avec force et sensualité. Elle a obtenu le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire en 1999.
 
À propos de Pape Samba Kane
Pape Samba Kane est fondateur de plusieurs journaux, notamment, Le Cafard Libéré, journal satirique, mais aussi trois quotidiens. Après plus de trente ans de journalisme, il publie en 2015 un roman Sabaru Jinne ou Les Tam-tams du Diable, aux Éditions Feu de brousse (Dakar), puis un recueil de poèmes À Tire d'Elles chez Lettres de Renaissances (Paris).
 
À propos de Ibou Fall
Après des tentatives dans la création et l’édition de bandes dessinées, avec comme seul diplôme le bac lettres classiques (latin-grec) il débute dans la presse en 1989 comme correcteur du bi-hebdomadaire Sopi dont il devient un des billettistes Le Billet de Ibou. Ibou s'initie au journalisme et fonde avec cinq autres journalistes limogés de Sopi l’hebdomadaire Le Témoin en 1990. Reporter, puis chef d’édition, il publie le recueil de ses premières Sénégalaiseries en 1993. Fondateur des quotidiens Tract (2000) et Frasques (2001) il publie par la suite quatre autres recueils de Sénégalaiseries, notamment Dieu le pire (2009), Banc Diakhlé (2010), Les Egocrates (2012) et NTS, les Nouveaux Types de Sénégalaiseries (2013). Il est l’un des fondateurs du trentomadaire Le P’tit Railleur Sénégalais, dont il est le directeur de publication.

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