Hunger Incorporated

L’intitulé du séminaire de pratique artistique et curatoriale propose une exploration critique des conditionnements de surabondance et d'extremum que produit le régime économique néolibéral mondialisé, avec un intérêt particulier porté à la réalité du continent africain, avec comme fil conducteur la question des ressources naturelles. Hunger Incorporated fait référence de prime abord au droit fondamental à l'accès aux moyens de subsistance et à la menace de famine, mais aussi à la faim pour de matières premières à la base d’une croissance économique exponentielle, la faim comme insatiabilité intarissable, la faim comme ambition aveugle, la faim comme compensation d’un manque ou retard, la faim comme accumulation compulsive, la faim comme substitut d’utopie, et la faim comme l’une des manifestations allégoriques et sublimées de l’angoisse. La faim est une des forces motrices au cœur de la logique du capitalisme néolibéral, elle nourrit le conditionnement et le contrôle par le marché et contribue à la genèse d'un rapport angoissé au réel quotidien ainsi qu’à la menace de dystopie. Tandis que l’économie extractive – transformation, transport et commerce du pétrole, du charbon, des métaux et des minerais – a été le pilier du capitalisme des XXe et XXIe siècles, cette économie a été rendue remarquablement abstraite, invisible, évacuée des représentations et des récits : gisements et mines sont souvent strictement fermés et soumis à un rigoureux appareil policier, ainsi que les modes de transport et comptoirs de commerce de ces commodités. Le séminaire sondera cette constellation de questions, de thématiques et de représentations à travers une série de conférences d’économistes, de commissaires d’exposition, d’artistes et d’historien-ne-s de l’art ; d’ateliers dirigés par des artistes et des réalisateurs/trices; de projections et de critiques d'expositions.

Le corps professoral pour la Session 1 est composé des réalisateurs Newton AduakaGhassan Salhab et Carine Doumit, des artistes Ursula Biemann et Alfredo Jaar et de l'historienne de l'art Patricia Falguières

Image : Sans titre,  Christoph Terhechte, 2015.